Vous êtes perdu entre IGBT, MOSFET, facteur de marche à 60% et ampérages qui s’empilent ? Normal. Les fiches techniques des postes à souder ressemblent à des cahiers de maths de terminale. Le vrai problème : la plupart des guides vous poussent vers des modèles surpuissants dont vous n’exploiterez jamais le potentiel. Résultat, vous payez 200 ou 300€ de trop pour des fonctions qui prendront la poussière.
Choisir votre poste ARC en 30 secondes
- Bricoleur occasionnel : inverter 130-160A, budget 90-180€
- Artisan ou semi-pro : inverter IGBT 160-200A avec Hot Start
- Le facteur de marche compte plus que l’ampérage max
- Un 160A suffit pour 90% des travaux courants jusqu’à 5mm d’acier
Les 4 critères qui font vraiment la différence (et ceux qu’on vous survend)
Dans mon accompagnement client, je constate que beaucoup de soudeurs amateurs optent pour un 200A alors qu’un 160A couvrirait 90% de leurs travaux. Résultat : 150 à 300€ de surcoût pour une puissance rarement exploitée. Soyons clairs : ce n’est pas l’ampérage maximal qui détermine la qualité de vos soudures, c’est l’adéquation entre votre poste et vos épaisseurs de travail.
Le premier critère réellement décisif, c’est le facteur de marche. Selon la norme EN 60 974-1 expliquée par Promeca, un facteur de marche de 200A à 60% signifie que sur un cycle de 10 minutes, le poste fournit 200A durant 6 minutes puis se met en sécurité 4 minutes. Pour un usage intensif en atelier, visez 60% minimum. Pour du bricolage ponctuel, 35% suffit largement.

Deuxième critère : l’ampérage adapté à vos épaisseurs. La règle pratique que j’utilise avec mes clients : un poste 160A permet de souder de l’acier de 4 à 5mm sans problème. Franchement, vous n’avez pas besoin de plus pour de la serrurerie courante ou de la carrosserie.
Affirmation : Plus l’ampérage est élevé, meilleur est le poste à souder
Réponse : Faux. Un poste surpuissant mal réglé produit des soudures médiocres. Ce qui compte : la stabilité de l’arc, le facteur de marche adapté à votre rythme, et les fonctions d’aide à l’amorçage.
Les deux autres critères essentiels ? La présence des fonctions électroniques (Hot Start, Anti-Stick, Arc Force) et le poids si vous intervenez sur chantier. Un inverter pèse 3 à 8 kg contre 15 à 30 kg pour un vieux transformateur. Ça change la vie.
Quel poste pour quel usage ? La grille de décision rapide
Plutôt que de lister des specs abstraites, identifions votre profil. J’utilise cette grille depuis des années avec les artisans que j’accompagne dans le Nord. Elle fonctionne.

Bricoleur, artisan ou pro : trouvez votre catégorie
-
Si vous soudez moins de 10 heures par mois :
Bricoleur occasionnel → Inverter 130-160A entrée de gamme. Selon le comparatif 2025 de Mon Poste à Souder, comptez entre 90 et 180€ pour un modèle MMA fiable.
-
Si vous soudez 10 à 40 heures par mois sur matériaux variés :
Artisan ou semi-pro → Inverter IGBT 160-200A avec fonctions électroniques complètes. Budget : 200-400€ pour un modèle durable.
-
Si vous dépassez 40 heures par mois ou travaillez sur épaisseurs supérieures à 6mm :
Usage intensif → 200A minimum avec facteur de marche élevé (60%+). Envisagez le triphasé pour les installations fixes.
Bricoleur occasionnel : le juste nécessaire sans surpayer
Vous réparez un portail rouillé deux fois par an et soudez quelques supports dans le garage ? Inutile de viser haut. Un poste 130-160A fait le travail sur acier jusqu’à 4mm. Vérifiez simplement la présence de l’Anti-Stick pour éviter que l’électrode colle au métal quand vous débutez. C’est le seul point non négociable à ce niveau de prix.
Artisan ou semi-pro : polyvalence et fiabilité au quotidien
J’ai accompagné Marc, carrossier indépendant à Valenciennes, dans ce choix exact l’an dernier. Son vieux poste venait de lâcher en plein chantier. Il hésitait entre un inverter compact 200A et un générateur plus puissant, de peur de manquer de jus sur les châssis épais. Après avoir analysé ses soudures types — essentiellement des tôles de 2 à 5mm — le verdict était clair : l’inverter 200A IGBT suffisait largement, avec 8 kg de moins à trimballer entre l’atelier et les interventions extérieures.
Pour vous équiper correctement, regardez aussi du côté des équipements pour un atelier de chaudronnerie qui complètent l’investissement dans un poste.
Usage intensif ou industriel : puissance et endurance
Au-delà de 40 heures de soudage mensuel, le facteur de marche devient critique. Selon Air Liquide, le soudage automatisé requiert un facteur de marche à 100%. Pour du manuel intensif, 60% minimum reste la référence selon la norme NF EN 60974-1. Attention au triphasé : vérifiez votre installation électrique avant tout achat.
Inverter, générateur, IGBT : décryptage sans jargon
Ces termes vous semblent abstraits ? Voici comment les comprendre sans diplôme d’ingénieur. L’inverter (ou onduleur) est la technologie moderne qui a remplacé les vieux transformateurs. Plus léger, plus stable, plus économe en énergie. Quand vous voyez « inverter » sur un poste, c’est bon signe.
L’IGBT est le composant électronique au cœur des inverters actuels. Il permet un arc stable même à faible ampérage et réagit instantanément aux variations. C’est lui qui rend le soudage accessible aux débutants. Si vous cherchez un poste à souder ARC performant, privilégiez cette technologie.
Selon le guide de Soudeurs.com, les trois fonctions clés sont : le Hot Start (surintensité au démarrage pour amorcer facilement), l’Anti-Stick (réduit le courant à environ 10A si l’électrode colle) et l’Arc Force (maintient l’arc stable quand vous approchez du bain de fusion). Ces fonctions font toute la différence pour les soudeurs occasionnels.
Mon conseil terrain : Un poste avec ces trois fonctions vaut toujours mieux qu’un poste plus puissant sans elles. La stabilité de l’arc conditionne la qualité du cordon bien plus que la puissance brute.
Vos questions sur le choix d’un poste ARC
Quelle différence entre poste ARC et poste MMA ?
Aucune. Ce sont deux noms pour le même procédé : le soudage à l’électrode enrobée. ARC désigne la technique (arc électrique), MMA l’acronyme anglais (Manual Metal Arc). Les postes vendus sous ces appellations font exactement le même travail.
Combien d’ampères pour souder de l’inox ?
L’inox se soude avec les mêmes ampérages que l’acier classique pour une épaisseur donnée. Un 160A suffit pour de l’inox jusqu’à 4-5mm. La différence vient de l’électrode : utilisez une électrode inox (type 308 ou 316) et un réglage légèrement inférieur pour éviter de brûler le métal.
Un poste à 100€ vaut-il le coup ?
Pour du dépannage occasionnel, oui. Pour un usage régulier, méfiance. Les postes sous 100€ ont souvent un facteur de marche très faible (20-30%) et des composants qui chauffent vite. Comptez plutôt 150-200€ pour un modèle fiable dans la durée.
Monophasé ou triphasé pour mon atelier ?
Si votre installation électrique est en 230V standard (prise classique), restez en monophasé. Le triphasé (400V) concerne les ateliers industriels avec une installation dédiée. Pour 90% des artisans et bricoleurs, le monophasé suffit jusqu’à 200A.
Quelles électrodes choisir pour débuter ?
Les électrodes rutiles (type E6013) sont les plus polyvalentes et tolérantes. Elles conviennent à toutes positions sur acier courant. Diamètre 2,5mm pour tôles fines, 3,2mm pour usage général. Gardez-les au sec pour éviter les problèmes d’amorçage.
La prochaine étape pour vous : Évaluez honnêtement vos épaisseurs de travail habituelles et votre rythme mensuel de soudage. C’est la seule façon de ne pas surpayer un équipement surdimensionné.
Si vous cherchez à maîtriser l’ensemble de vos dépenses d’atelier, pensez aussi à l’optimisation des coûts de production sur les consommables et l’énergie — c’est souvent là que se cachent les économies durables.
